27 juin 2023

Le Rhône souffre-t-il du manque d’eau ?

Les sécheresses sont l’une des conséquences directes du réchauffement climatique. La France en a fait l’expérience en 2022, quand la plupart des cours d’eau ont souffert du manque de neige et de pluie. Comment le fleuve Rhône a-t-il vécu cet épisode ? Son avenir est-il menacé par le changement climatique ? L’Agence de l’eau nous éclaire.

 

Saviez-vous que le Rhône était le fleuve plus abondant et le plus puissant de France ? À son embouchure, son débit moyen s’élève en effet à 1 700 m3 par seconde. Autrement dit, il pourrait remplir chaque seconde 17 000 bouteilles d’un litre. Puissant non ? Pour autant, ce colosse de plus 800 kilomètres subit lui aussi les effets du changement climatique.

 

C’est ce que nous enseigne une étude récente de l’Agence de l’Eau Rhône Méditerranée Corse, un organisme d’État chargé de préserver la ressource et les milieux aquatiques. D’après l’étude, la quantité d’eau qui s’écoule dans le fleuve chaque année devrait se maintenir jusqu’en 2055 : le Rhône restera abondant. En revanche, ce volume d’eau sera de plus en plus inégalement réparti selon les saisons. Il y aura plus d’eau en hiver et au printemps, et moins d’eau en été et en automne.

 

Cette variabilité pourrait favoriser les phénomènes hydrologiques dit « extrêmes », tels que les crues pouvant entraîner des inondations ou les étiages sévères (comprenez des épisodes durant une année où le niveau d’un cours d’eau atteint son point le plus bas, souvent associés à une sécheresse sévère) en période de canicule. Plusieurs facteurs en sont à l’origine. Par exemple, la fonte des glaciers et la diminution des stocks de neige dans les Alpes, où le Rhône puise sa source, ou encore l’augmentation des épisodes de pluies intenses en hiver et au printemps.

 

En 2022, c’est surtout le faible débit du Rhône (volume d’eau qui traverse un point donné du cours d’eau dans un laps de temps déterminé) et sa température pendant la période estivale qui ont fait l’objet d’une attention particulière. En effet, au plus fort de la canicule, son débit a diminué de 40 % ! Heureusement, le modèle unique de gestion du Rhône et le dialogue entre tous ses usagers ont permis au fleuve d’assurer ses fonctions premières : produire de l’électricité, naviguer, irriguer les terres agricoles, alimenter les populations en eau potable et bien sûr préserver la biodiversité.

 

Cet épisode a de nouveau démontré que le fleuve Rhône était un bien commun indispensable, mais pas inépuisable. C’est pour cette raison qu’il doit faire l’objet d’une gestion durable et responsable.

 

Pour en savoir plus sur les défis du partage et de la préservation du fleuve, consultez la synthèse illustrée de l’Agence de l’eau : « Une étude sur les débits du Rhône pour anticiper leur évolution » et visionnez l’émission « Le Monde du Jamy » du 14 juin 2023 : « Le monde de Jamy – Sécheresse, canicules : allons-nous manquer d’eau cet été ? »

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